« Vivre est la chose la plus rare. La plupart des gens se contente d'exister. »
[ Oscar Wilde ]
Vendredi 25 Septembre
Far away de Nickelback tourne en boucle dans mes oreilles depuis la nuit des temps, je n'arrive pas à me lasser de cette chanson car elle exerce un pouvoir magique sur ma personne: elle me donne la pêche en me faisant éplucher des ognons. Je fais le décompte pour trouver lequel de mes cinq sens fonctionne encore à cent pour cent de ses capacités : mes yeux sont hors course d'avance, bousillés par mon acharnement à les plisser au maximum pour saisir les mots de livres que je veux absolument terminer, malgré l'heure tardive et la faible lumière de ma lampe de chevet qui tente péniblement d'éclairer la crypte transylvanienne qui me sert de chambre une fois ses volets baissés, mon odorat est game over, effet éléphant enrhumé oblige, solidaire le goût a également fichu le camp, mon drame se définit à ce carré de chocolat devenu insipide. Les tranchées, je n'ai jamais connu, par conséquent, le toucher est tout ce qui me reste, bien que je ne sente plus mes orteils à travers ma paire de chaussettes spécial montagnard 100 % laine mohair ( et ce n'est pas ma pire, je pense également détenir des authentiques chaussettes en poil de yeti, vestige de mes classes vertes de sixième primaire. Déjà, en ce temps-là, j'avais un sens aigu du style ). La réflexion quotidienne de mon père se résumant à une phrase : Mais que vas-tu faire cet hiver ? Et bien, c'est une excellente question. Je pense investir dans le trafic de laine de mouton ou me barrer dans un pays chaud. Ou plus simple, faire comme chaque hiver : hiberner. Passer au régime économie qui comporte en deux heures de mouvement intense et vingt-deux d'inertie. Bref, laisser l'animal qui se cache en moi faire surface, celui dont j'aurais obtenu le totem à l'unanimité si j'étais chez les Pis : la marmotte. C'est tout bénef, je pourrais même manger des Léo à l'oeil.






Belgique


