機嫌直して楽しもうよこの夏を
Kigen nao shite tanoshi mou you no natsu wo !
Mettez votre tristesse de coté et ayez la pêche pour cet été !
J'ai pris une caisse, mes cours et j'ai tout bazardé au grenier. Cette fois-ci, c'est terminé, et heureusement, que le véritable contenu de l'année ne se résume pas à cette caisse qui abritait, dans sa jeunesse, des gobelets en plastique. J'ai encore du mal à réaliser la situation. Sans vouloir tirer un trait trop rapide sur ma 5e, au fond de moi, je sais que je viens d'encore boucler une année de ma vie. Ca me laisse un sentiment assez indéfinissable, un mélange subtile de ce que l'on ressent quand on regarde Titanic pour la première fois et que l'on veut le revoir, pas par masochisme mais juste pour mater Léonardo. Malgré les hauts et les bas, qui pouvaient parfois atteindre les sommets ou carrément plonger dans les abysses, je ne regrette rien et j'attends de voir ce que le futur nous réserve. Ouais, come on, ça ne peut que être intéressant ! ( Et on aura bien sûr remarqué les comparaisons hautement profondes que j'utilise dans ce texte )
DEUXIÈME JOUR
On est dimanche matin et j'ouvre péniblement un oeil. Avec la grâce d'un zombie dans un clip de Michael Jackson, je me tourne vers mon réveil cassé qui m'indique 25 heures 09 ( et qui d'ailleurs n'est pas un réveil mais un calendrier, mais je me laisse à chaque fois avoir, surtout lorsque j'ai la tête dans le cul ). Réalisant, après coup, ma fatale erreur, je tente d'attraper mon gsm en tâtonnant délicatement la pile de livres qui recouvre ma table de nuit. Bien évidemment, la moitié tombe à terre, écrasant au passage mon précieux mobile. Poussant un cri qui n'a rien à envier à celui de Clément quand il imite le panda ou celui de mon père quand il baille, j'allume la lumière. Flash énorme, il me faut au moins trois minutes ( si pas trois et demi ) pour m'habituer à la clarté, et je débute les fouilles archéologiques de ma carpette. Au bout de cinq minutes de recherches intensives où le respect de mes affaires a depuis longtemps été aboli au profil de putain-il-est-où-ce-fichu-gsm-dégage-Nothomb-pousse-toi-Murakami, je finis par obtenir l'information tant désirée : Il est exactement 9 heures 46. Débute ensuite la partie la plus pénible : se relever. Et oui Laura, ce n'est pas parce que c'est les vacances que tu vas pouvoir passer toute ta matinée couchée même si tu en crèves d'envie. Mon petit côté masochiste me pousse donc à bondir hors du lit. Descendre les escaliers, c'est une autre histoire, je dois faire appel à tout mon instinct Rambo-Mac Gyver pour éviter de les dégringoler un à un et finir à l'hosto un dimanche matin. En descendant habilement les 15 escaliers qui séparent ma chambre du salon, je rencontre une forme sombre et longitudinale qui tente de communiquer, la barrière linguistique posant un sérieux handicap à tout dialogue, je lui réponds un hnn évasif, qui peut à la fois exprimer " oui, j'ai passé une nuit géniale, je me sens aussi fraîche qu'un drap après un passage dans la machine à laver " que " me parle pas alien ou j'appelle le MIB ". L'odeur de ma drogue du week-end flotte dans toute la maison et, ayant résisté pendant au moins une bonne minute, je me rends en mode GPS jusqu'à la cuisine. Je ne suis pas quelqu'un du matin, mon père non plus, du coup, pour nous dire bonjour, on se rentre dedans. C'est économe en parole et en geste : pas besoin de se perdre dans des digressions ou bisous qui nous forcerait, lui, à baisser la tête et moi à la relever. De toute façon, on n'a rien à se raconter pour le moment, tous les fils ne sont pas encore raccordés. Ma mère, c'est tout le contraire et ça fait assez flipper, si on ne la retenait pas, je suis sûr qu'elle serait déjà allée courir un petit sprint dehors. Alors à tous ceux qui disent que le réveil le plus dur, c'est celui du lundi matin, je rétorque que celui du dimanche est pire.
Et je pense que je ne remercierai jamais assez Fred ( nom donné arbitrairement au mannequin présent sur cette photo ) d'avoir posé bénévolement pour cette photo lors de mon passage à Bâle !